Jeanne n’essayait pas d’impressionner qui que ce soit. J’étais passé la voir un jeudi après-midi pour lui rapporter un livre de jardinage qu’elle m’avait prêté au printemps dernier, et l’odeur m’a frappé avant même que j’aie franchi le seuil de sa cuisine. Un parfum de genièvre, de porc qui mijote lentement, et cette note aigre-douce si particulière du chou fermenté qui se réchauffe. Elle a haussé les épaules en me voyant renifler l’air comme un chien de chasse. « Oh, c’est juste de la choucroute », a-t-elle dit en remuant une énorme marmite en fonte avec une cuillère en bois qui avait dû voir passer trois générations. « Mon mari travaille dehors toute la journée en décembre, il a besoin de quelque chose de solide le soir. » Solide. C’est le mot qu’elle a employé. Moi, j’aurais dit monumental. J’aurais dit réconfortant à un point que vous n’imaginez pas, surtout quand le thermomètre extérieur frôle le zéro et que le vent siffle par les fenêtres.
Je suis resté planté là, mon livre à la main, à regarder cette marmite comme si elle contenait un trésor. Elle a soulevé le couvercle – juste un tout petit peu – et j’ai vu les trois saucisses qui nageaient paresseusement dans le bouillon, entourées de lardons épais et de pommes de terre qui avaient pris une belle couleur dorée. « Tu veux goûter ? » m’a-t-elle demandé, sur le ton de quelqu’un qui propose un café, pas un plat qui demande des heures de préparation. J’ai dit oui avant même d’avoir réfléchi. Elle m’a tendu une assiette ébréchée – la faïence bleue typique des cuisines de grand-mère – et j’ai attrapé une fourchette. Franchement, ce premier goût m’a cloué sur place. Ce n’était pas juste bon. C’était exactement ce qu’on veut manger quand l’hiver s’installe pour de bon et qu’on a besoin de quelque chose qui vous tient au corps jusqu’au lendemain matin.
Je lui ai demandé sa recette, bien sûr. Elle m’a regardé comme si j’avais demandé la formule du Coca-Cola. « Il n’y a pas de recette », a-t-elle répondu. « C’est juste de la choucroute. » Mais en la regardant faire, j’ai compris qu’il y avait une méthode, une façon de faire qui transformait ce plat simple en quelque chose de spécial. Les proportions, le choix des saucisses, le temps de cuisson – tout ça comptait, même si elle refusait de l’admettre. J’ai pris des notes mentales, je suis rentré chez moi, et j’ai passé trois semaines à essayer de reproduire ce goût exact. Après plusieurs essais – dont un où j’avais noyé le chou dans trop de vin blanc – j’ai fini par trouver la bonne formule. Cette choucroute garnie d’hiver aux trois saucisses, c’est le résultat de ces observations et de ces tâtonnements. Et je peux vous dire une chose : depuis que je la fais, c’est devenu mon plat de prédilection pour les dimanches de décembre. Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir cette marmite fumer sur la table quand la nuit tombe à cinq heures.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Honnêtement, cette choucroute garnie, c’est un peu mon bébé. Je l’ai testée, retestée, modifiée, et je peux vous garantir qu’elle tient toutes ses promesses. Voici pourquoi elle va devenir votre meilleure alliée pour l’hiver :
- Réconfortante à souhait : Rien de tel qu’une assiette fumante de choucroute quand le froid vous mord le nez. C’est le genre de plat qui vous réchauffe de l’intérieur et qui vous donne envie de vous blottir sous un plaid avec un bon verre de vin.
- Simple à préparer : Ne vous laissez pas impressionner par la liste des ingrédients. Une fois que tout est dans la marmite, le plat mijote tout seul. Vous pouvez vaquer à vos occupations pendant qu’il se fait beau tout seul.
- Idéale pour les repas en famille ou entre amis : C’est un plat convivial par excellence. On pose la marmite au milieu de la table, et chacun se sert. Pas de chichis, pas de service compliqué – juste du bonheur partagé.
- Des ingrédients faciles à trouver : Rien d’exotique ici. Du choucroute, des saucisses, du lard, des pommes de terre – tout ça se trouve au supermarché du coin ou chez votre boucher. Pas besoin de courir les épiceries fines.
- Un goût qui évolue : Et c’est peut-être le meilleur argument : cette choucroute est encore meilleure réchauffée le lendemain. Les saveurs ont le temps de se mélanger, de s’adoucir, de devenir encore plus profondes. C’est le plat parfait à préparer la veille.
Ce qui rend cette recette différente des autres, c’est l’équilibre entre les trois saucisses. J’ai testé plusieurs combinaisons – certaines trop grasses, d’autres trop fades – et j’ai fini par trouver le trio gagnant : une saucisse de Strasbourg fumée pour le goût, une saucisse de Montbéliard pour la texture, et une petite knack pour le côté ludique. Chacune apporte quelque chose de différent, et l’ensemble crée une harmonie qui fait toute la différence. C’est un peu comme un orchestre : chaque instrument a son rôle, mais c’est l’ensemble qui fait la musique.
Et puis, il y a cette petite touche personnelle que j’ai ajoutée après plusieurs essais : un verre de vin blanc d’Alsace pour déglacer et une poignée de baies de genièvre supplémentaires. Ça donne ce petit quelque chose en plus, cette profondeur qui fait que les gens vous demandent ce que vous avez mis dedans. Vous verrez, c’est ce genre de détail qui transforme un bon plat en un plat inoubliable.
Les ingrédients dont vous aurez besoin
Cette recette utilise des ingrédients simples et généreux pour créer un plat qui sent bon l’hiver et la tradition. Pas de produits étranges ni de techniques compliquées – juste de bons produits qu’on trouve facilement. Laissez-moi vous guider à travers chaque ingrédient et son rôle dans cette symphonie de saveurs.
Pour la base de la choucroute
- 1,5 kg de choucroute crue (ou 1 kg de choucroute cuite si vous êtes pressé) – C’est la star du plat. La choucroute apporte cette acidité qui coupe le gras des saucisses et du lard. Si vous pouvez, prenez de la choucroute crue chez votre charcutier – elle a tellement plus de caractère que celle en sachet. Moi, je vais chez le traiteur alsacien du marché le samedi matin, et je ne regrette jamais.
- 200 g de lard fumé – Le lard apporte du gras, du goût fumé, et cette texture fondante qui se marie si bien avec le chou. Prenez-le en une seule pièce, pas en tranches. Je recommande le lard de la marque « Le Porc de mon Enfance » – il est fumé au bois de hêtre, et ça se sent.
- 2 oignons moyens – Ils apportent de la douceur et une base aromatique essentielle. Choisissez des oignons jaunes, pas trop gros.
- 2 gousses d’ail – Pour relever le tout sans dominer. Écrasez-les avec le plat du couteau avant de les hacher – ça libère mieux les arômes.
- 1 cuillère à soupe de graisse de canard ou d’huile neutre – La graisse de canard, c’est un peu ma signature secrète. Elle apporte une rondeur que le beurre ou l’huile ne peuvent pas égaler. Si vous n’en avez pas, de l’huile de colza fera l’affaire.
- 1 verre de vin blanc d’Alsace (20 cl environ) – Un Riesling ou un Sylvaner sec, pas trop boisé. Le vin blanc déglace la marmite et ajoute une note fruitée qui équilibre l’acidité du chou. Ne prenez pas un vin trop sucré – ça risquerait de déséquilibrer le plat. Un petit pinot blanc fera très bien l’affaire.
- 1 litre de bouillon de volaille ou de légumes – Pour couvrir le chou et permettre une cuisson lente et moelleuse. Si vous avez du bouillon maison, c’est le top. Sinon, un bouillon en cube de bonne qualité (je prends ceux de la marque « Knorr » en version bio) fera le travail.
- 10 baies de genièvre – L’épice indispensable de la choucroute. Elle apporte cette note résineuse et légèrement poivrée qui est la marque de fabrique du plat. Écrasez-les légèrement avec le plat du couteau avant de les ajouter – ça libère leurs huiles essentielles.
- 5 grains de poivre noir – Pour un peu de piquant. N’utilisez pas de poivre moulu – les grains entiers infusent mieux et ne laissent pas de dépôt.
- 2 feuilles de laurier – Pour une note herbacée subtile. Si vous avez du laurier frais, c’est encore mieux – il est plus parfumé.
- 1 branche de thym – Pour compléter le bouquet garni. Le thym séché peut remplacer le frais, mais utilisez-en une cuillère à café rase.
- Sel, avec modération – La choucroute et le lard sont déjà salés, alors goûtez avant d’ajouter du sel. Je vous conseille d’attendre la fin de la cuisson pour ajuster.
Pour les trois saucisses

- 2 saucisses de Strasbourg fumées – Leur fumé apporte une profondeur de goût incomparable. Elles sont fines et se coupent facilement en rondelles. Choisissez-les bien fermes, sans taches blanches sur la peau.
- 2 saucisses de Montbéliard – Plus grosses et plus fermes, elles apportent une texture différente et un goût légèrement épicé. La peau doit être bien tendue – c’est signe de fraîcheur. Je les prends chez le boucher du coin, qui les fait lui-même le mardi.
- 4 knackis ou saucisses de Francfort – Pour le côté ludique et la facilité à manger. Les enfants les adorent, et elles ajoutent une note plus douce au plat. Attention à ne pas les faire cuire trop longtemps – elles risquent d’éclater.
Pour les pommes de terre
- 800 g de pommes de terre à chair ferme – Des Charlotte ou des Amandine, par exemple. Elles tiennent bien à la cuisson sans se déliter. Évitez les pommes de terre farineuses comme les Bintje – elles finiraient en purée dans le bouillon. Lavez-les soigneusement, mais ne les épluchez pas – la peau apporte du goût et des nutriments.
Substitutions possibles
- Pour les saucisses : Vous pouvez remplacer les saucisses de Montbéliard par des saucisses de Morteau, plus fumées. Ou ajouter une saucisse de Toulouse pour varier les plaisirs. L’important, c’est d’avoir trois textures et trois goûts différents.
- Pour le lard : Si vous n’aimez pas le lard fumé, utilisez du lard demi-sel ou même des poitrines fumées. Le goût sera moins prononcé, mais ça reste délicieux.
- Pour le vin blanc : Un cidre brut peut remplacer le vin pour une version sans alcool. Ajoutez une cuillère à café de vinaigre de cidre pour compenser l’acidité.
- Pour les pommes de terre : Des patates douces apporteraient une note sucrée intéressante, mais attention à ne pas les faire cuire trop longtemps – elles ramollissent plus vite.
- Pour le bouillon : Un bouillon de bœuf peut remplacer le bouillon de volaille pour un goût plus corsé. Évitez les bouillons trop salés – la choucroute l’est déjà.
Le matériel nécessaire
Pour réussir cette choucroute, pas besoin d’un équipement de chef étoilé. Voici ce dont vous aurez besoin, avec quelques astuces pour vous faciliter la vie.
- Une grande marmite ou une cocotte en fonte – C’est l’outil indispensable. La fonte diffuse la chaleur de manière uniforme et maintient une température constante, parfaite pour une cuisson lente. Si vous n’avez pas de cocotte en fonte, une grande marmite en acier inoxydable à fond épais fera l’affaire. J’ai utilisé pendant des années une vieille cocotte en émail récupérée chez ma tante – elle faisait parfaitement le travail. Évitez l’aluminium, qui réagit avec l’acidité du chou.
- Un couteau de chef bien aiguisé – Pour couper les oignons, l’ail, et éventuellement le lard. Un couteau émoussé, c’est la garantie de se blesser ou de réduire les oignons en bouillie. Investissez dans un fusil à aiguiser – ça change la vie.
- Une planche à découper – En bois de préférence, pour ne pas abîmer vos couteaux. Une planche en plastique fera aussi l’affaire, mais elle s’use plus vite.
- Une cuillère en bois à long manche – Pour remuer la choucroute sans risquer de vous brûler. La cuillère en bois n’abîme pas les revêtements de vos casseroles et ne conduit pas la chaleur. J’en ai une qui a appartenu à ma grand-mère – elle a vu passer des centaines de plats.
- Un couvercle – Essentiel pour garder la vapeur et permettre une cuisson homogène. Si votre marmite n’a pas de couvercle, utilisez du papier aluminium perforé de quelques trous.
- Un égouttoir ou une passoire – Pour rincer et égoutter la choucroute crue. Une passoire en inox est plus hygiénique qu’une en plastique, mais les deux fonctionnent.
- Un thermomètre de cuisson (optionnel) – Si vous voulez être précis, la température idéale pour une cuisson lente est autour de 85°C. Mais honnêtement, un petit bouillonnement régulier suffit. Je n’en utilise jamais – je me fie à mon nez et à mes yeux.
Petite astuce : si vous préparez ce plat régulièrement, investissez dans une cocotte en fonte. Elle dure des décennies et elle améliore vraiment la qualité de la cuisson. J’ai craqué pour une Staub il y a deux ans, et je ne regrette pas un centime. Mais si votre budget est serré, une marmite classique fera très bien l’affaire – c’est le cuisinier qui fait le plat, pas l’ustensile.
La méthode de préparation
Alors, on se retrousse les manches et on y va. Cette recette demande un peu de temps, mais pas de stress. Suivez ces étapes, et vous obtiendrez une choucroute digne des meilleures brasseries alsaciennes. Je vous promets que le résultat vaut chaque minute passée devant les fourneaux.
Étape 1 : Préparer la choucroute (15 minutes)
Si vous utilisez de la choucroute crue – ce que je recommande – commencez par la rincer. Mettez-la dans une grande passoire et passez-la sous l’eau froide pendant 2 à 3 minutes. Pourquoi ? Pour enlever l’excès de sel et d’acidité. Mais attention : ne la rincez pas trop longtemps, sinon vous perdrez tout son caractère. Goûtez un petit morceau après rinçage – il doit encore être légèrement acide, mais pas agressif. Essorez-la bien avec vos mains, en pressant pour enlever le maximum d’eau. Si vous utilisez de la choucroute cuite en sachet, pas besoin de rinçage – elle est déjà équilibrée.
Étape 2 : Préparer les ingrédients (10 minutes)
Pendant que la choucroute s’égoutte, épluchez et émincez les oignons en fines rondelles. Écrasez les gousses d’ail avec le plat du couteau, puis hachez-les grossièrement. Coupez le lard fumé en cubes d’environ 2 cm de côté – pas trop petits, sinon ils fondront dans le bouillon. Lavez les pommes de terre sans les éplucher – une bonne brosse sous l’eau froide suffit. Si elles sont bio, gardez la peau – elle est pleine de nutriments et elle tient bien à la cuisson.
Étape 3 : Faire revenir les oignons et le lard (10 minutes)
Dans votre grande marmite, faites chauffer la graisse de canard à feu moyen. Ajoutez les oignons émincés et faites-les revenir pendant 5 minutes, jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides et légèrement dorés. Ajoutez l’ail haché et les cubes de lard. Poursuivez la cuisson 5 minutes de plus, en remuant régulièrement. Le lard doit commencer à rendre sa graisse et à dorer légèrement. L’odeur qui se dégage à ce moment-là – honnêtement, c’est déjà un avant-goût du paradis.
Étape 4 : Ajouter la choucroute et les épices (5 minutes)
Ajoutez la choucroute égouttée dans la marmite. Remuez bien pour mélanger avec les oignons et le lard. Ajoutez les baies de genièvre écrasées, les grains de poivre, les feuilles de laurier et la branche de thym. Mélangez à nouveau pour répartir les épices de manière homogène. C’est le moment où la choucroute commence à s’imprégner de tous ces arômes – vous sentez déjà cette odeur caractéristique qui embaume toute la maison.
Étape 5 : Déglacer au vin blanc (2 minutes)
Versez le verre de vin blanc sur la choucroute. Laissez-le bouillir 1 à 2 minutes à feu vif, en grattant le fond de la marmite avec votre cuillère en bois pour décoller les sucs de cuisson. Cette étape est cruciale : le vin va capturer tous les petits morceaux caramélisés au fond de la marmite et les intégrer au plat. Vous verrez, le liquide va devenir légèrement sirupeux – c’est bon signe.
Étape 6 : Ajouter le bouillon et cuire doucement (1 heure 30)
Versez le bouillon de volaille dans la marmite. Il doit recouvrir la choucroute d’environ 1 cm. Si ce n’est pas le cas, ajoutez un peu d’eau. Portez à ébullition, puis réduisez immédiatement le feu pour obtenir un petit bouillonnement régulier – pas une ébullition violente. Couvrez la marmite et laissez mijoter doucement pendant 1 heure. Pendant ce temps, votre cuisine va se transformer en un cocon parfumé – profitez-en pour lire un livre ou regarder un épisode de votre série préférée.
Étape 7 : Ajouter les pommes de terre et les saucisses (30 minutes)
Au bout d’une heure, ajoutez les pommes de terre lavées dans la marmite. Enfoncez-les délicatement dans le bouillon – elles doivent être complètement immergées. Ajoutez également les saucisses de Strasbourg fumées et les saucisses de Montbéliard. Remettez le couvercle et poursuivez la cuisson pendant 20 minutes. Attention : n’ajoutez pas les knackis tout de suite – elles cuisent plus vite et risqueraient d’éclater.
Étape 8 : Ajouter les knackis et terminer la cuisson (10 minutes)
Au bout de 20 minutes, ajoutez les knackis dans la marmite. Laissez cuire encore 10 minutes, toujours à feu doux et à couvert. Les knackis sont cuites quand elles commencent à gonfler légèrement – ne les laissez pas plus longtemps, sinon elles perdront leur texture. À ce stade, les pommes de terre doivent être tendres – piquez-les avec la pointe d’un couteau pour vérifier : la lame doit s’enfoncer sans résistance.
Étape 9 : Repos et service (10 minutes)
Éteignez le feu et laissez la marmite reposer, couvercle fermé, pendant 10 minutes. Ce repos permet aux saveurs de se stabiliser et aux jus de se répartir uniformément. Pendant ce temps, préparez la table – une choucroute se mange dans une assiette creuse, avec une bonne cuillère pour ne pas perdre une goutte de bouillon. Servez bien chaud, directement dans les assiettes, avec un peu de moutarde à l’ancienne à côté pour ceux qui aiment le piquant.
Conseils et techniques de cuisson
Après avoir raté quelques choucroutes – oui, ça m’est arrivé – j’ai appris quelques astuces qui font toute la différence. Voici mes conseils pour que votre plat soit parfait du premier coup.
Le choix de la choucroute
La choucroute crue est vraiment meilleure que la cuite en sachet. Elle a plus de texture, plus de caractère, et elle absorbe mieux les saveurs du bouillon. Si vous en trouvez chez un charcutier alsacien ou sur un marché, foncez. Mais si vous n’avez que de la choucroute en sachet, pas de panique – elle fonctionne très bien aussi. Dans ce cas, ne la rincez pas, elle est déjà équilibrée. Une fois, j’ai acheté de la choucroute bio en bocal – elle était délicieuse, mais un peu plus chère. À vous de voir selon votre budget.
La cuisson lente, c’est la clé
Ne soyez pas tenté d’augmenter le feu pour gagner du temps. La cuisson lente, à petit bouillonnement, permet aux saveurs de se développer et au chou de devenir fondant sans se désintégrer. Si vous faites bouillir trop fort, la choucroute deviendra molle et le bouillon sera trouble. J’ai appris cette leçon à mes dépens un dimanche où j’étais pressé – le résultat était correct, mais pas mémorable. Depuis, je prends mon temps, et ça se sent dans l’assiette.
L’équilibre des saveurs
Goûtez le bouillon après une heure de cuisson. Si vous trouvez qu’il manque d’acidité, ajoutez un filet de vinaigre de vin blanc ou un peu de jus de citron. S’il est trop acide, ajoutez une cuillère à café de sucre ou une carotte râpée – le sucre naturel de la carotte adoucira le tout. L’année dernière, j’ai fait une choucroute un peu trop acide et j’ai ajouté une pomme râpée – ça a sauvé le plat et apporté une note fruitée inattendue. N’ayez pas peur d’ajuster en cours de route – la cuisine, c’est du tâtonnement.
La gestion des saucisses
Le grand secret pour des saucisses parfaites, c’est de ne pas les faire cuire trop longtemps. Les saucisses de Strasbourg et de Montbéliard supportent 30 minutes de cuisson, mais les knackis ne doivent pas dépasser 10 minutes. Si vous les laissez trop longtemps, elles éclatent et perdent leur jus – et le bouillon devient gras. Un conseil de mon ami boucher : piquez les saucisses avec une fourchette avant de les ajouter – ça évite qu’elles n’éclatent. Moi, je ne le fais pas toujours, et ça marche quand même, mais c’est une sécurité.
La préparation à l’avance
Cette choucroute est encore meilleure réchauffée. Vous pouvez la préparer la veille, la laisser refroidir, et la réchauffer doucement le lendemain. Les saveurs auront eu le temps de se mélanger et de s’adoucir. C’est d’ailleurs ce que je fais souvent pour les repas de famille – ça me libère du temps le jour J. Une fois, je l’ai même congelée – elle se conserve très bien jusqu’à un mois. Décongelez-la au réfrigérateur toute une nuit, puis réchauffez-la à feu doux dans une casserole.
Variations et adaptations
La choucroute garnie, c’est un peu une toile blanche. On peut la personnaliser à l’infini selon ses goûts et ce qu’on a dans le frigo. Voici quelques idées que j’ai testées et approuvées.
Version végétarienne
Remplacez le lard et les saucisses par des protéines végétales. Ajoutez des champignons de Paris émincés, des dés de tofu fumé, et des saucisses végétales à base de seitan. Utilisez un bouillon de légumes et ajoutez une cuillère à soupe de sauce soja pour le côté umami. J’ai fait cette version pour un ami végétarien, et il m’a demandé la recette – c’est un bon signe. Les champignons apportent cette texture charnue qui manque souvent dans les plats végétariens.
Version épicée
Si vous aimez le piquant, ajoutez un piment oiseau fendu en deux dans la marmite pendant la cuisson. Ou remplacez les baies de genièvre par du piment d’Espelette – ça apporte une chaleur douce et parfumée. Une fois, j’ai mis un peu de harissa dans le bouillon – c’était surprenant, mais délicieux. Attention, n’en mettez pas trop – la choucroute doit rester équilibrée.
Version aux fruits secs
Pour une touche sucrée-salée, ajoutez une poignée de raisins secs ou de pruneaux dénoyautés dans la marmite 15 minutes avant la fin de la cuisson. Les fruits secs absorbent le bouillon et deviennent moelleux, apportant une note sucrée qui contrebalance l’acidité du chou. J’ai découvert cette variante chez une amie alsacienne – elle jure que c’est la vraie recette de sa grand-mère. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est délicieux.
Version au poisson
Oui, ça existe. Remplacez les saucisses par des filets de poisson fumé – du haddock ou du maquereau fumé. Ajoutez-les en fin de cuisson, juste 5 minutes avant de servir, pour qu’ils restent moelleux. C’est une variante plus légère, parfaite pour un dîner d’hiver sans trop de lourdeur. J’ai testé ça un soir de semaine, et ça a été une belle surprise – le poisson fumé se marie étonnamment bien avec le chou.
Suggestions de service et de conservation
La choucroute garnie, c’est un plat qui se prête à toutes les occasions. Voici comment la servir et la conserver pour en profiter pleinement.
Comment servir
Servez la choucroute bien chaude, directement dans des assiettes creuses. Disposez les saucisses et les pommes de terre sur le dessus, et arrosez d’un peu de bouillon. Accompagnez de moutarde à l’ancienne – la moutarde de Dijon est trop forte, préférez une moutarde aux grains qui apporte du croquant. Un peu de raifort râpé peut aussi être proposé pour les amateurs de sensations fortes. Côté boisson, un vin blanc d’Alsace sec – un Riesling ou un Pinot Gris – est le compagnon idéal. Pour une version sans alcool, une bière blanche ou un cidre brut feront parfaitement l’affaire.
Les accompagnements
La choucroute se suffit à elle-même, mais vous pouvez l’accompagner d’une salade verte légèrement vinaigrée pour apporter de la fraîcheur. Des cornichons aigres-doux sont aussi un classique – ils coupent le gras et réveillent les papilles. Si vous voulez un repas plus complet, servez-la avec une tranche de pain de seigle beurré – ça permet de saucer le bouillon jusqu’à la dernière goutte.
Comment conserver
Laissez refroidir complètement la choucroute avant de la mettre au réfrigérateur. Elle se conserve 3 à 4 jours dans un récipient hermétique. Le goût s’améliore même avec le temps – les saveurs se mélangent et s’adoucissent. Pour la réchauffer, versez-la dans une casserole et faites-la chauffer à feu doux pendant 15 minutes, en ajoutant un peu d’eau ou de bouillon si nécessaire. Vous pouvez aussi la réchauffer au micro-ondes, mais la texture sera moins bonne – la cuisson lente est vraiment préférable.
La congélation
La choucroute se congèle très bien. Placez-la dans des sacs de congélation ou des boîtes hermétiques, en portions individuelles ou en famille. Elle se conserve jusqu’à 3 mois. Pour la décongeler, mettez-la au réfrigérateur la veille, puis réchauffez-la doucement à la casserole. Attention : les pommes de terre peuvent devenir un peu farineuses après congélation – si vous prévoyez de congeler, ajoutez les pommes de terre fraîches au moment de réchauffer plutôt que dans la préparation initiale.
Informations nutritionnelles et bienfaits
Cette choucroute garnie est un plat généreux, mais elle a aussi quelques atouts nutritionnels intéressants. Voici ce qu’il faut savoir.
Valeurs nutritionnelles estimées par portion (pour 6 personnes)
- Calories : Environ 550 kcal par portion
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Recette de Choucroute d’Hiver aux Trois Saucisses
Une choucroute garnie généreuse et réconfortante, parfaite pour les froides soirées d’hiver. Ce plat traditionnel alsacien associe trois types de saucisses, du lard fumé et des pommes de terre dans un bouillon parfumé au genièvre et au vin blanc.
- Prep Time: 25 minutes
- Cook Time: 1 heure 40 minutes
- Total Time: 2 heures 5 minutes
- Yield: 6 portions 1x
- Category: Plat principal
- Cuisine: Alsacienne
Ingredients
- 1,5 kg de choucroute crue (ou 1 kg de choucroute cuite)
- 200 g de lard fumé
- 2 oignons moyens
- 2 gousses d’ail
- 1 cuillère à soupe de graisse de canard ou d’huile neutre
- 1 verre de vin blanc d’Alsace (20 cl environ)
- 1 litre de bouillon de volaille ou de légumes
- 10 baies de genièvre
- 5 grains de poivre noir
- 2 feuilles de laurier
- 1 branche de thym
- Sel, avec modération
- 2 saucisses de Strasbourg fumées
- 2 saucisses de Montbéliard
- 4 knackis ou saucisses de Francfort
- 800 g de pommes de terre à chair ferme (Charlotte ou Amandine)
Instructions
- Préparer la choucroute : Si vous utilisez de la choucroute crue, rincez-la sous l’eau froide pendant 2 à 3 minutes pour enlever l’excès de sel et d’acidité. Essorez-la bien avec vos mains. Si vous utilisez de la choucroute cuite en sachet, pas besoin de rinçage.
- Préparer les ingrédients : Épluchez et émincez les oignons en fines rondelles. Écrasez les gousses d’ail et hachez-les grossièrement. Coupez le lard fumé en cubes d’environ 2 cm. Lavez les pommes de terre sans les éplucher.
- Faire revenir les oignons et le lard : Dans une grande marmite, faites chauffer la graisse de canard à feu moyen. Ajoutez les oignons et faites-les revenir 5 minutes jusqu’à ce qu’ils soient translucides. Ajoutez l’ail et le lard, poursuivez la cuisson 5 minutes en remuant.
- Ajouter la choucroute et les épices : Ajoutez la choucroute égouttée dans la marmite. Remuez bien. Ajoutez les baies de genièvre écrasées, les grains de poivre, les feuilles de laurier et le thym. Mélangez.
- Déglacer au vin blanc : Versez le vin blanc sur la choucroute. Laissez bouillir 1 à 2 minutes à feu vif en grattant le fond de la marmite avec une cuillère en bois.
- Ajouter le bouillon et cuire doucement : Versez le bouillon de volaille dans la marmite (il doit recouvrir la choucroute d’environ 1 cm). Portez à ébullition, puis réduisez le feu pour obtenir un petit bouillonnement régulier. Couvrez et laissez mijoter 1 heure.
- Ajouter les pommes de terre et les saucisses : Au bout d’une heure, ajoutez les pommes de terre lavées, les saucisses de Strasbourg fumées et les saucisses de Montbéliard. Enfoncez-les dans le bouillon. Couvrez et poursuivez la cuisson 20 minutes.
- Ajouter les knackis et terminer la cuisson : Ajoutez les knackis dans la marmite. Laissez cuire encore 10 minutes à feu doux et à couvert. Les pommes de terre doivent être tendres.
- Repos et service : Éteignez le feu et laissez reposer 10 minutes, couvercle fermé. Servez bien chaud dans des assiettes creuses, avec de la moutarde à l’ancienne.
Notes
Cette choucroute est encore meilleure réchauffée le lendemain. Vous pouvez la préparer la veille. Pour une version végétarienne, remplacez le lard et les saucisses par des champignons, du tofu fumé et des saucisses végétales. Pour une version épicée, ajoutez un piment oiseau. La cuisson lente est essentielle pour développer les saveurs.
Nutrition
- Serving Size: 1 portion (environ 1
- Calories: 550
- Sugar: 5
- Sodium: 1200
- Fat: 28
- Saturated Fat: 10
- Carbohydrates: 35
- Fiber: 8
- Protein: 30
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